CHRISTELLE assistante maternelle A NAINTRE

MODE DE GARDE POUR ENFANTS

 

Il est en perpétuelle opposition 23 décembre 2016

Classé dans : ARTICLE DE PRESSE,ENFANCE,LES CAPRICES ET LES COLERES,LES CONSEILS DES PARENTS ET PROFESSIONNELS — christelle assistante maternelle agrée à Naintré @ 9 h 07 min
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Il n’est pas rare que l’enfant traverse une phase dite « d’opposition » au cours de son développement. En réalité, sa volonté n’est pas de s’opposer à proprement parler, mais de se différencier de l’adulte. Ses attitudes, maladroites, sont souvent mal interprétées. Comment détourner le rapport de force et soutenir l’enfant dans sa nouvelle autonomie ?
Pourquoi un enfant s’oppose-t-il à l’adulte ?
Il grandit. Aux alentours de ses deux ans, l’enfant jouit d’une nouvelle autonomie grâce à son accès inédit au langage et au boom de ses capacités psychologiques et motrices. Il s’affirme : Il est un petit garçon ou une petite fille à part entière qui a ses propres envies. Il a besoin de choisir et de faire « tout  seul ». Une phase d’affirmation de soi qui peut durer de quelques jours à quelques mois, selon l’attitude des adultes. Nous pourrions d’ailleurs l’assimiler à une forme de mini-adolescence. Cette nouvelle autonomie tend à surprendre les adultes, parents comme professionnels, voire à les contrarier, les vexer, les offenser. Cet enfant qui, jusqu’à aujourd’hui, les écoutait et respectait (plus ou moins) leurs consignes à la lettre commence à leur dire non, à s’affirmer et à profiter de son nouveau libre-arbitre. Un comportement qui en déconcerte plus d’un : « Ce n’est quand même pas un enfant de 2 ans qui va faire la loi et tenir tête à un adulte de 40 ans ! » marmonnent moult professionnels. Dès lors s’instaure un rapport de force dans lequel nombre d’entre vous tiennent, coûte que coûte, à avoir le dernier mot.

Il ne s’oppose pas, il se différencie. Naturellement, l’enfant à cet âge cherche à se différencier de l’adulte (et non pas à s’y opposer comme on pourrait le croire). Et contrairement aux apparences, ce n’est pas l’enfant qui impulse véritablement ce rapport de force mais plutôt l’adulte. Avant l’âge de 4 ans, rappelons que le tout-petit n’est pas encore décentré, c’est-à-dire qu’il n’est pas encore en mesure de comprendre que l’autre a un point de vue, des croyances, des besoins différents des siens. En un mot, il est encore littéralement égocentrique. Ainsi, ce que vous prenez à tort pour de la provocation, de la mauvaise volonté ou de l’insolence n’est autre que la manifestation d’un besoin non assouvi à un temps T. Notre adulto-morphisme, à savoir notre tendance à interpréter les comportements des jeunes enfants sur la base de nos propres comportements d’adultes, vous joue des tours et vous met une véritable pression sur les épaules. Trop souvent, nous oublions que le tout-petit a un cerveau tout à fait immature et que ses capacités intellectuelles ne sont pas comparables avec celles des adultes ! Rappelons que le rapport adulte-enfant n’est pas un rapport égal et horizontal, mais un rapport du plus fort au plus faible.

Rien à voir avec un caprice. Il se peut que l’enfant se mette en colère, crie, pleure, se roule par terre, parce que vous lui refusez quelque chose. De votre point de vue d’adulte, cette réaction est excessive, exagérée. Pas de doute, pour vous c’est un caprice ! Le point de vue de l’enfant est tout à fait différent. Ce qui est, pour vous, anecdotique est, pour lui, un réel drame. A cet âge, un tout-petit n’est pas en capacité de relativiser. A ce moment précis, il traverse alors une véritable tempête émotionnelle. Quand l’un des besoins fondamentaux d’un enfant est non assouvi (besoin d’attention, de sécurité, de calme), son cerveau émotionnel et archaïque est suractivé, tandis que son cerveau frontal, celui qui lui permet de raisonner, de comprendre la situation, est sous-activé. De ce fait, il perd le contrôle de ses émotions et a besoin de l’adulte pour se rassurer, se sécuriser. Notons au passage que le cerveau émotionnel et archaïque de l’enfant domine jusqu’à l’âge de 3/4 ans.

Plus il est fatigué, plus il s’oppose. Il arrive que l’enfant « contredise » davantage l’adulte en fin d’après-midi lorsqu’il est stressé, épuisé par une journée de crèche longue et stimulante. Il a de plus en plus de difficulté à tolérer la frustration. Son stress s’accumule, ses ressources s’amenuisent. Si bien qu’à un moment, il explose : il se met en colère pour une raison qui va vous paraître insignifiante (vous lui rappelez par exemple qu’il n’a pas le droit de monter sur ce meuble), un peu comme si la goutte d’eau venait de faire déborder le vase. Ce comportement lui permet tout simplement de se décharger de toutes ses tensions accumulées tout au long de sa journée.

Il réagit à votre attitude autoritaire. L’enfant arrive à un stade de développement où il a besoin d’avoir une certaine marge de manœuvre pour bien s’épanouir. Ainsi, lorsque l’adulte est trop dans le contrôle et émet à son égard des consignes toujours très autoritaires et verticales, l’enfant peut se sentir oppressé, tendu, ce qui va augmenter son niveau de stress et baisser son seuil de tolérance à la frustration. Dès lors, il risque de dérocher et d’entrer dans un phénomène d’opposition.

Comment réagir ?

Restez calme et posé. 
Rappelez-vous que le rapport de force est souvent institué par l’adulte qui perd patience face à la réaction déconcertante de l’enfant. Lorsque la moutarde vous monte au nez, tentez de respirer profondément pour retrouver votre calme et vous reconnecter à votre raisonnement. Rappelez-vous qu’il ne fait pas exprès ! Si cela ne fonctionne pas, passez le relais à votre collègue. Votre frustration tend à vous rendre agressif ce qui va, immanquablement cultiver la frustration de votre petit interlocuteur. Vous voilà alors tous deux plongés dans un cercle vicieux ! En maîtrisant vos propres émotions et en recevant avec bienveillance celles de l’enfant, vous lui apprenez, petit à petit, à mieux contrôler ses émotions.

Gardez en tête que toute manifestation d’opposition de sa part, toute colère, exprime chez lui un besoin insatisfait. 
Peut-être l’enfant réagit-il à votre attitude, une peur, un manque d’attention, une fatigue croissante. Ainsi, cherchez à anticiper et à agir sur les causes de sa réaction plutôt que sur ses conséquences. En clair, tentez d’identifier lequel de ses besoins est ici insatisfait.
Proposez-lui régulièrement des câlins ou des temps de jeu individuel ! Le contact bienveillant avec l’adulte permet de libérer en lui de l’ocytocine, une hormone de l’attachement qui a le mérite de diminuer son état de stress et d’augmenter sa sensation de bien-être. Un enfant ressourcé sera plus enclin à vous écouter qu’un enfant tendu et stressé !

Laissez-lui une marge de manœuvre, aussi petite soit-elle, lorsque vous attendez quelque chose de lui. 
Votre objectif ? Eviter le rapport de force. Vous pouvez par exemple transformer votre consigne (« va te coucher ! ») sous forme de question : « nous venons de déjeuner. D’après toi, qu’est-ce qu’il se passe maintenant : c’est le moment d’aller jouer dans l’atrium ou d’aller faire la sieste ? ». Pourquoi ne pas également lui laisser une petite liberté de choix : « tu préfères aller te coucher avec ton doudou, avec la photo de tes parents ou les deux en même temps ? ». Il ne s’agit pas de « céder » (car coûte que coûte il ira se coucher), mais de parvenir à votre objectif de manière alternative.

Confiez-lui une mission. 
Si vous sentez que l’enfant est sur le point de ne pas vous écouter ou de faire l’inverse de ce que vous lui demandez, confiez-lui une mission à sa portée. Par exemple : « Est-ce que tu pourrais apporter à Nathan et Louise leurs doudous sur leur lit ? Ils les ont oubliés ! ». Celle-ci permettra d’occuper son cerveau et qui plus est, de le valoriser, de le responsabiliser. Pour que l’effet soir garanti, n’oubliez surtout pas de l’encourager et de le féliciter quand la mission aura été brillamment effectuée !

https://lesprosdelapetiteenfance.fr/b%C3%A9b%C3%A9s-enfants/psycho-p%C3%A9dagogie/fiches-pratiques/il-est-en-perp%C3%A9tuelle-opposition
 

 

Comment aider un enfant de deux ans à maîtriser ses émotions? 13 mars 2015

Classé dans : LES CAPRICES ET LES COLERES,LES CONSEILS DES PARENTS ET PROFESSIONNELS — christelle assistante maternelle agrée à Naintré @ 13 h 58 min

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Les caprices et les colères, quelle galère ! 25 février 2013

Classé dans : LES CAPRICES ET LES COLERES — christelle assistante maternelle agrée à Naintré @ 13 h 24 min

Les caprices et les colères, quelle galère !

Par Elodie Simonetti, Educatrice de Jeunes Enfants

coleres et caprices

Colères et caprices, ça vous parle ? Qui n’a pas connu la honte de sa vie face au regard de toute la file d’attente de la boulangerie du quartier lorsque son enfant fait un caprice, hurle et se roule par terre devant la vitrine de bonbons ? Ou bien, qui n’a pas senti ses nerfs exploser lorsque son enfant refuse catégoriquement de faire ce qu’on lui demande depuis bientôt 15 mn ?

Quel sacerdoce que d’être parent durant cette période critique des 2-3 ans !

Tentons de décrypter ce qui se joue pour les tout-petits et réfléchissons ensemble au moyen de les aider à passer cette étape.

  De la confrontation à l’affirmation

 A la crèche, la section dite des grands (2-3 ans) correspond bien souvent à la période « rebelle » de nos tout-petits. Il n’est pas rare alors de les entendre nous dire « non » à chaque demande, de les voir s’en aller dans l’autre sens lorsqu’on les appelle, ou encore se mettre dans des colères noires si on leur refuse de faire ce qu’ils veulent.

 

Bien souvent, nous pensons à tort que les enfants réagissent comme cela pour nous faire enrager ou le font exprès pour nous mettre hors de nous. Plusieurs phénomènes complexes se mettent en place à leur niveau.

 Ce qu’ils nous font vivre n’est pas évident à gérer, certes, mais cela ne l’est pas non plus pour eux. Un double mouvement s’opère en eux, d’un côté ils sont attirés par le fait de faire seuls et de l’autre, ils ont peur de perdre leur statut privilégié de tout-petit.Ce sont ces sentiments contradictoires qui se heurtent et créent des émotions si intenses en eux. N’ayant pas un langage suffisamment fourni pour exprimer ces tensions, elles se libèrent physiquement par des cris, des trépignements, des mouvements forts.

 

Accompagner, encadrer, patienter

En crèche, nous prenons en compte ce que l’enfant exprime à travers ces manifestations de colère, de frustration ou d’angoisse. Il est important qu’il puisse exprimer physiquement ce qu’il se passe en lui. Cependant, nous apportons un cadre à cette expression. Considérant que les enfants apprennent à vivre ensemble, il nous apparaît essentiel qu’ils se respectent entre eux.

Tout d’abord, nous accompagnons l’enfant en mettant des mots sur ses émotions tout en nous mettant à sa hauteur (« tu n’es pas content », « tu sembles en colère »). Ainsi, il pourra par la suite lui-même expliquer ce qu’il vit et organiser sa pensée en ce sens.

D’autre part, nous mettons en place des lieux où les enfants peuvent exprimer leurs émotions « bruyantes ». Cet endroit se veut contenant et rassurant (transat, matelas avec coussins). Ainsi, ils ne perturbent, ni ne sont perturbés par le reste du groupe.

Enfin, nous nous armons de patience. En aucun cas, la guerre des nerfs qui se lance ne doit nous atteindre. Alors, entraide et passage de relais entre membres de l’équipe doivent se mettre en place.

Il suffit parfois de patienter quelques minutes avant de voir le petit « résistant » faire de lui-même ce qu’il refusait l’instant précédent. L’impatience de l’adulte peut parfois conduire au conflit, alors laissons-lui le temps de dépasser ce stade délicat.

 

Pour conclure, nous pouvons dire que les colères et caprices des jeunes enfants ont pour origine des mouvements internes de construction de la personnalité. Grâce à un accompagnement verbal et à la mise en place d’un cadre pour recevoir et contenir ses émotions débordantes, le tout-petit va peu à peu dépasser ce stade dit d’ « opposition ». Et n’oublions pas, c’est vous parents qui définissez et transmettez vos valeurs éducatives et que c’est grâce à ces valeurs qu’ils deviendront des adultes responsables et épanouis. Et comme nous le confirmait Françoise Dolto, rassurons-nous car : « de la frustration naît la création ».

Par Elodie Simonetti, Educatrice de Jeunes Enfants

 

 

2 à 3 ans : colères et caprices

Classé dans : LES CAPRICES ET LES COLERES — christelle assistante maternelle agrée à Naintré @ 13 h 22 min

2 à 3 ans : colères et caprices

Par Edwige Antier, Pédiatre, auteur de « Elever mon enfant aujourd’hui »

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2 à 3 ans, c’est l’âge des colères et des caprices. Edwige Antier, dans son livre L’autorité sans fessées, propose aux parents des solutions concrètes pour élever leur enfant sans recourir à la fessée ni aux violences verbales.

2 à 3 ans : colères et caprices

Pourquoi tant de crises ?

Votre enfant commence à bien parler, en associant des mots, il en comprend des centaines et vous pouvez lui expliquer de nombreuses situations. Mais dans le même temps, ses colères explosent facilement, durent de façon peu supportable et sont difficiles à calmer. Comment alors ne pas se dire qu’une fessée « ne ferait pas de mal », surtout en présence de personnes extérieures, qui observent et s’agacent, jugeant clairement qu’« il y a des fessées qui se perdent ! ».

Il faut bien comprendre qu’entre 2 et 5 ans un phénomène de maturation du cerveau favorise ces colères incontrôlables : le cortex, la zone superficielle de nos hémisphères cérébraux, est déjà bien développé. Les circuits du langage y font circuler les informations : vos paroles sont entendues, transmises dans des zones où elles sont décryptées, vos explications comprises.

Mais, plus profondément, un système de cellules qui forment le « tissu limbique » régule les humeurs. Et celui-ci est immature jusqu’à 5 ans. Lorsque la contrariété survient, parce que le message enregistré par le cortex est antinomique de la volonté immédiate de l’enfant, la saute d’humeur est difficile à contrôler par lui, même s’il comprend le bien-fondé de vos arguments. La colère jaillit et se poursuit ensuite de façon autonome, indépendamment du conflit déclencheur.

Selon votre réaction, elle sera longue à apaiser et ce mode de fonctionnement risque de s’installer pour devenir, petit à petit, une habitude. Ou au contraire, la maturité s’installant, les colères vont s’espacer, se raccourcir et devenir exceptionnelles. Il est donc important que vous en compreniez leur caractère physiologique et que vous, les parents, mais aussi tout adulte présent, sachiez réagir de façon adaptée.

 

Il se roule par terre…

Gérer la « persévération »

Ce que vous faites :

- Je ne vois pas comment calmer ses colères, me dit ce père excédé. Je l’emmène faire de la trottinette au parc, il est content… mais nous vivons dans la crainte d’une crise. Tout en est prétexte : nous ne pouvons pas lui octroyer un sixième tour de manège, ou bien il faut descendre de la balançoire après avoir bloqué la nacelle pendant dix tours… je redoute de l’en extirper : il va se raidir et résister, puis, une fois hors de l’espace, se mettre à hurler, s’asseoir au milieu de l’allée sous le regard étonné des autres parents. Je l’attrape par le manteau, le redresse, mais il devient aussi lourd qu’un sac de pommes de terre, toujours hurlant. Insortable ! Alors je tape, et je vous assure qu’autour de moi tout le monde me comprend…

- Et cela se reproduit-il souvent ?

- Tous les week-ends ! La sortie du dimanche devient ma hantise…

- Et pendant la semaine ?

- Il est à la crèche, et, paraît-il, adorable !

- Aucun adulte ne le tape, à la crèche ?

Il est étonné de ma question…

- Non, évidemment. Il n’y fait pas ce genre de crises !

- Mais vous croyez que s’il en faisait, les éducatrices taperaient ?

- Non… Je crois que c’est interdit.

- Oui, les châtiments corporels sont interdits dans les crèches. Ce qui veut dire qu’en cas de colère il y a d’autres solutions…

- Nous nous y prenons sûrement mal. Comment réagir ? J’essaie ensuite de lui expliquer de savoir renoncer à son activité la prochaine fois, mais je sais que ce sera pareil. Nous avons aussi droit aux mêmes scènes à la maison, quand il faut éteindre la télévision ou le sortir du bain.

 

Le vécu de l’enfant :

Visiblement, ce sont les changements d’activité qui posent problème à ce petit. Un phénomène psychique se rencontre fréquemment à cet âge : la persévération.

L’enfant pense en boucle, le circuit lancé ne parvient pas à s’interrompre, et l’angoisse l’envahit si on lui demande de briser la boucle mentale de façon soudaine et menaçante. L’affolement, la peur de la colère parentale, s’ajoutent alors au malaise de devoir interrompre la « fixette » de la pensée : je tourne sur ce manège, je me balance… Les hurlements s’organisent sous l’influence de la colère parentale en miroir, cris, résistance et fessées font partie du rite. Les sermons, les explications a posteriori n’interpellent que le cortex. Et les circuits profonds provoqueront la même réaction en effet au prochain week-end. Les colères se cristalliseront et ce d’autant plus que l’étiquette sera bientôt collée à l’enfant : « C’est un coléreux. »

 

Ce qu’il faut faire :

Avant de penser à réagir, il faut se dire que vous pourriez mieux agir et prévenir la colère. Les enfants ne vivent pas toujours au rythme des adultes : le papa se fait un plaisir d’offrir à son fils toutes les joies du parc, manège et balançoire… Mieux vaut éviter les ruptures, le laisser plus longtemps dans la même activité. Emmener des symboles qui lui permettent de suivre le nombre de ses tours de manège, par exemple une marionnette sur chaque doigt. Lorsqu’il passe en vous saluant, vous lui montrez les mains. Á la fin de chaque tour, vous enlevez une marionnette. C’est le principe de visibilité : l’enfant a besoin de voir le temps. Lorsque l’activité doit vraiment cesser, prenez-le gentiment en partageant son émotion : « Je sais que tu vas être contrarié, il faut descendre. » Et s’il hurle : « Tu as le droit de ne pas être content, mais il faut descendre pour… » et là, donnez-lui un objectif : donner du pain aux carpes… Si la scène survient malgré tout, le contenir affectivement autant que physiquement, en disant doucement : « Oui, Matteo, nous ne sommes pas contents de partir… Mais chut… les oiseaux n’aiment pas qu’on crie… peut-être qu’il y a un hibou qui dort dans l’arbre… ? » Surtout ne pas crier, ne pas frapper, ne pas vous soucier du regard des autres. Une réflexion positive vers eux : « Oui, excusez-moi, il est fatigué… » Il suffira de quelques sorties de cette sorte pour que l’enfant enregistre dans ses circuits la série limitée des tours de manège et les jolies histoires dont vous peuplerez son imagination à la sortie.

Article extrait de L’autorité sans fessées, Robert Laffont, 2010, p. 67-71.

 http://www.laffont.fr/

Découvrez d’autres extraits du livre :

 Des repas infernaux

 Comment dire « non » sans une petite tape ?

 

Par Edwige Antier, Pédiatre, auteur de « Elever mon enfant aujourd’hui

http://www.grainedecurieux.fr/enfant/education/pages/loi-fessee-enfants.aspx

 

 

 

Les caprices sont une façon de tester les limites parentales

Classé dans : LES CAPRICES ET LES COLERES — christelle assistante maternelle agrée à Naintré @ 13 h 21 min

Les caprices sont une façon de tester les limites parentales

Par Christine Brunet, Psychologue clinicienne et psychothérapeute

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Vous avez dit non et votre enfant n’a pas apprécié ? Il crie, pleure, trépigne, fronce méchamment les sourcils et a envie de se défouler sur son oreiller ? Le diagnostic est sans appel : c’est un caprice ! Même si elles sont un passage obligé de l’enfance, ces colères soudaines déstabilisent souvent les parents, notamment quand elles ont lieu en public… Alors comment s’en sortir et prévenir les crises ? Réponses avec la psychothérapeute Christine Brunet.

 Qu’est-ce qu’un caprice ?

Il s’agit d’un besoin impérieux manifesté par un enfant. C’est l’expérience d’une frustration imposée par les parents qui confronte le petit garçon ou la petite fille à la réalité, à savoir qu’il n’est pas dans la toute puissance. Un bébé ne fait pas de caprices ; il peut lui arriver d’avoir des réactions un peu vives, mais il n’y a pas de colère derrière. Les caprices commencent à partir d’un an, un an et demi, et peuvent s’exprimer de manière plus ou moins intense : quand il est petit, l’enfant crie, se roule par terre, enlève ses vêtements, voire se tape la tête contre les murs – une mise en danger de lui-même qu’il ne faut absolument pas laisser passer. Plus grand, c’est souvent au supermarché que les crises ont lieu : l’enfant veut des sucreries et affiche son mécontentement quand on refuse de répondre à ses désirs.

 

Pourquoi l’enfant fait-il des caprices ?

C’est une façon pour lui de tester les limites que les parents ont fixées, de s’affirmer, de façonner sa personnalité. L’enfant demande un gâteau alors que ce n’est pas l’heure de goûter, il refuse de mettre le manteau rouge et préfère le bleu… Tout cela est assez naturel, c’est la vie. Les enfants qui ne font jamais aucun caprice sont très rares ! L’affrontement avec les adultes permet de se construire, de comprendre les lois et les règles. Un passage obligé avant de se retrouver à l’école et d’apprendre à se calmer… Il y a également les caprices du soir – l’enfant réclame encore une histoire, refuse de se coucher – qui révèlent une anxiété à l’approche de la nuit.

 

Et puis les crises sont également un moyen d’attirer l’attention des adultes et de détourner la tension qui peut exister chez les parents. Les enfants sont des éponges, c’est pourquoi il est toujours important de remettre les caprices dans leur contexte et de les nuancer : les parents sont-ils angoissés en ce moment ? L’enfant est-il fatigué ? Vient-il d’avoir un petit frère ? Tout cela peut donner lieu à des crispations.

 

Comment réagir aux crises ?

Inutile de mettre une étiquette sur l’enfant et de lui faire honte. Je me souviens, il y a quelques années une maman est venue me voir avec sa fille de 12 ans qu’elle a présentée comme ‘Mlle Ronchon’. C’est terrible parce que la petite grandit avec un stéréotype dans la tête. Il ne s’agit pas pour autant de céder car cela n’aide pas l’enfant à se construire. Il faut rappeler la règle, être ferme dans son intonation et dans son regard, mais sans crier. Je pense qu’il peut être également très utile de faire diversion. Proposer un petit jeu, le responsabiliser en l’incitant à mettre le couvert, regarder ensemble des photos de Noël : tout cela calme énormément l’enfant et l’aide à surmonter sa frustration. Il ne faut non plus hésiter à parler de soi, de son enfance. C’est quelque chose que les petits apprécient beaucoup. Dire par exemple : « Est-ce que moi je me mettais en colère comme ça quand j’étais enfant ? On demandera à papi et mamie ce soir. » Il est toujours important de verbaliser – « je comprends que tu ne sois pas d’accord mais on va faire comme ça » – et de féliciter l’enfant quand il réagit bien. Pour les caprices du soir, la mise en place de rituels (veilleuse, porte ouverte) aide à dédramatiser le coucher.

 

Comment surmonter l’épreuve de la crise en public ?

Il est vrai qu’un caprice est bruyant et que les parents ont le sentiment de passer pour de mauvais éducateurs. Encore une fois, on peut détourner l’attention de l’enfant en lui proposant d’aider, en disant par exemple : « Va chercher le chocolat que ton papa aime beaucoup, ça lui fera plaisir. » En cas de grosse crise, dans un supermarché par exemple, on peut s’excuser auprès des autres clients, qui seront sans doute agréablement surpris ! Et puis cela entrainera l’enfant à présenter des excuses.

Je pense aussi qu’on peut limiter les colères en prévenant le petit avant de partir : « Je vais au supermarché pour remplir le frigo, je n’achèterai pas tout ce qui te fait envie. » Dans tous les cas, le fait d’anticiper – préparer la tenue du lendemain avec lui la veille, lui annoncer 5 minutes avant que l’heure du bain approche, etc. – permet d’éviter bien des caprices. Et cela témoigne également d’un respect pour l’enfant.

 

Propos recueillis par Natacha Czerwinski.

 
 

Par Christine Brunet, Psychologue clinicienne et psychothérapeute

 

 
 

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